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Un homme de passion
« L’Estrie, ce n’est pas simplement un
coup de coeur, c’est un projet de vie.
Éventuellement, j’aimerais m’y établir à
temps plein, et voir mes deux plus jeunes
aller à l’école du coin. »
Il rêvait d’être musicien... Aujourd’hui,
il ouvre la scène du Piano
Rouge à plusieurs artistes, en plus
de permettre à toute la population
d’assister gratuitement à des
concerts les dimanches d’été sur
le site du Théâtre de la Marjolaine.
« Les métiers de la construction
et de l’ébénisterie m’attiraient
aussi », raconte-t-il. On ne sera
donc pas surpris d’apprendre qu’il
a dessiné les plans pour plusieurs
travaux, en plus de mettre la main
à la pâte pour l’élaboration de certains
éléments du décor.
Mais la grande passion de
Marc-André demeure le théâtre.
Révélé au grand public à l’émission
du Club des 100 watts, celui
qu’on a vu dans plusieurs téléromans
et publicités se lançait en
2004 dans une belle et grande
aventure : faire revivre un des
fleurons culturels de la région,
le Théâtre de la Marjolaine, à
Eastman.
« Je trouvais inconcevable qu’on
laisse disparaître un lieu si riche
en histoire... Tellement d’artistes
ont foulé la scène du théâtre et de
la boîte à chansons, certains très
connus, d’autres émergents », explique-
t-il. Ce n’est toutefois pas
à titre de futur propriétaire qu’il
entreprend les démarches pour
trouver du financement. « Je voulais
trouver des partenaires, mais
l’institution financière était d’accord
à prêter seulement si c’était
moi qui achetais ! »
Qu’à cela ne tienne : Marc-André
Coallier s’est lancé !
« J’ai grandi
avec un père pour qui la musique
francophone, donc notre culture,
avait beaucoup d’importance,
d’où sa motivation à lancer à
l’époque le poste de radio CFGL.
Il m’a du même coup prouvé
qu’on pouvait faire à la fois quelque
chose qu’on aime et qui est
utile. Son exemple m’a inspiré. »
L’esprit de la Marjolaine
Le Théâtre de La Marjolaine, c’est
en quelque sorte le cadeau de
ses 40 ans, un accomplissement à
la fois professionnel et personnel.
« L’Estrie, ce n’est pas simplement
un coup de coeur, c’est un projet
de vie. Éventuellement, j’aimerais
m’y établir à temps plein, et
voir mes deux plus jeunes aller à
l’école du coin », souligne Marc-
André Coallier.
Séduit par le mont Orford – c’est
un grand amateur de ski alpin – et
par ce souci qu’ont les gens de la
région de développer le secteur
dans le respect de son environnement,
Marc-André Coallier et
sa petite famille ont trouvé refuge
dans un chalet à Austin. « Quand
nous y sommes, ma blonde et
moi faisons toujours une marche
sur le bord du lac. C’est là que
nous puisons notre inspiration,
que nous discutons de nos idées,
de nos projets. »
Et des projets, Marc-André
Coallier en a pour son théâtre...
Lorsqu’il en parle, ses yeux s’illuminent
! Intarissable sur son
histoire, il s’en inspire pour poursuivre
dans le même esprit qui a
animé le théâtre depuis 60 ans.
« Le théâtre était là avant moi
et j’espère qu’il sera là encore
longtemps après moi. Je souhaite
surtout léguer une entreprise
en bonne santé financière, et ce
serait bien si c’était mes enfants
qui en assureraient la relève... »
Déjà, ses deux aînés donnent un
fier de coup de main au théâtre.
« Le Théâtre de la Majolaine, c’est
une grande famille. Demandez
aux enfants des acteurs qui y
ont joué, ils ont tous gardé un
excellent souvenir de leur été à
Eastman. Encore aujourd’hui, cet
esprit familial est bien présent. »
Travailler avec la communauté
Quand Marc-André Coallier a
pris la direction de La Marjolaine,
il n’y avait plus d’activité au théâtre
depuis un an et demi. Plusieurs
rénovations étaient nécessaires,
et bien que le site ait une certaine
valeur historique, il ne bénéficie
d’aucune reconnaissance
patrimoniale... ni de subvention
gouvernementale.
Loin de se décourager devant
cette tâche colossale – et les
sommes requises ! – Marc-André
Coallier a plutôt fait le choix de
travailler en étroite collaboration
avec la communauté. « Dès mon
arrivée, je souhaitais offrir des
concerts gratuits, pour que la
population profite du théâtre au
maximum. Je suis donc allé chercher
différents partenaires et
commanditaires. » Outre le soutien
de ces mécènes, plusieurs
liens d’affaires se sont développés
entre le théâtre et les commerces
de la région, comme des gîtes
touristiques et des restaurants.
Marc-André Coallier a aussi
ouvert les portes de son théâtre
à différentes activités. Les élèves
de l’école primaire d’Eastman
ont ainsi pu y faire leur spectacle
de fin d’année gratuitement,
et des événements majeurs
comme les Correspondances
d’Eastman profitent chaque été
de ses installations en pleine nature.
« Eastman a besoin de La
Marjolaine au même titre que La
Marjolaine a besoin d’Eastman,
d’où l’importance de travailler
en étroite collaboration et de
s’entraider. »
Parallèlement à ses activités au
théâtre, Marc-André Coallier
s’implique dans plusieurs causes
estriennes, notamment
comme porte-parole pour la
Maison Desjardins (Fondation du
CHUS), la Banque alimentaire
Memphrémagog et le Festival de
théâtre amateur de Richmond.
« J’ai toujours trouvé important
de redonner à la communauté »,
soutient celui qui s’engage également
depuis plusieurs années
pour l’organisme OLO.
Si le Théâtre de la Marjolaine
occupe beaucoup de son temps
– en plus de la gestion, c’est lui
qui choisit les pièces, s’occupe
du casting, etc. – Marc-André
Coallier a d’autres projets sur
table. Il retournera à ses premiers
amours en jouant dans
la pièce Bousille et les justes
cet automne, et continuera
de faire entendre sa voix au
poste de musique classique de
Jean-Pierre Coallier.
« L’Estrie, ce n’est pas simplement un
coup de coeur, c’est un projet de vie.
Éventuellement, j’aimerais m’y établir à
temps plein, et voir mes deux plus jeunes
aller à l’école du coin. »
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« La Marjolaine, c'est d'abord et avant tout un lieu historique, plein de fantômes!
La grange date de 1890. Dès 1960, on a commencé à y faire du théâtre. Partout,
il y a des traces de cette riche histoire, que j'essaie de mettre en valeur le mieux possible. »
Marc-André Coallier
 u tout début, en 1890, il y avait une grange, sise au sommet d'une colline, surplombant le lac d'Argent et faisant face au Mont Orford. Un décor exceptionnel! Qui aurait pu croire à l’époque que cette grange abriterait les activités d'un théâtre? Et que tout juste avant, elle changerait une première fois de vocation en devenant Le pré fleuri, une colonie de vacances pour jeunes filles?
'est au mois de février 1960 que Marjolaine Hébert, Louise Rémy, Yvon Dufour et quelques copains comédiens visitent la grange et se mettent à rêver. Le groupe décide de se lancer à l'aventure et de transformer la colonie de vacances à l'abandon en théâtre d'été.
 ès sa première saison, le théâtre de La Marjolaine est un franc succès. La boîte à chansons connaît elle aussi une popularité certaine. Du nom de L'ardoise sur la butte à ses débuts, elle deviendra Feuille de gui et finalement Le Chat Gris. Marjolaine Hébert, l'administratrice des lieux, sera épaulée dès 1962 par un nouvel associé, Louis-Georges Carrier, auteur, réalisateur et metteur en scène. De cette union naîtra une multitude de succès pour le théâtre. En 1964, en collaboration avec Claude Léveillée, la première comédie musicale canadienne d'expression française est créée. Le théâtre musical deviendra dès lors la marque de commerce de La Marjolaine. Réputée pour présenter de jeunes comédiens chanteurs, prometteurs et pleins de talent, La Marjolaine verra défiler sur ses planches plusieurs artistes qui connaîtront par la suite de fructueuses carrières.
 algré tout son succès auprès du public, La Marjolaine éprouve des difficultés à boucler le budget. En 1971, un conseil d'administration est formé pour veiller à la bonne santé financière de l'établissement. La Marjolaine continuera de connaître le succès sur scène au cours de la décennie. Les années 80 se montreront difficiles avec la récession qui sévit mais le théâtre réussira à se tirer d'affaires. C'est d'ailleurs en 1988 qu'est présenté l'un des plus grands succès de l'établissement : la pièce Les nonnes
 u début de 1995, après 35 ans d'existence, Marjolaine Hébert décide finalement de fermer son théâtre et de le mettre en vente. Elle n'a tout simplement plus la force de s'occuper de l'administration et de l'entretien du théâtre et du restaurant. Il n'y aura pas de théâtre cet été-là à la Marjolaine puisque personne ne s’en porte acquéreur. Toutefois, en septembre 1995, le théâtre sera finalement loué aux Productions Jean-Bernard Hébert et se nommera dorénavant le Théâtre d'Eastman. Marjolaine a bien choisi son nouveau locateur. Malgré les multiples offres reçues, elle décidera de le louer à Jean-Bernard puisqu'elle savait qu'il allait être fidèle à l'idée qu'elle se faisait du théâtre. Le "nouveau" théâtre continuera à présenter des pièces à chaque été. En 2001 toutefois, en raison de frais fixes trop élevés, Jean-Bernard doit se contraindre à l'abandonner. Mais les citoyens d'Eastman décident de prendre la relève : quarante-deux d'entre eux fonderont alors la Compagnie du Groupe d'Eastman, afin de poursuivre l'oeuvre de Marjolaine Hébert. Le théâtre reprendra dès lors le nom de Théâtre de la Marjolaine. Ce deuxième sauvetage sera toutefois de courte durée. L'été 2003 verra le théâtre sans activité pour une deuxième fois au cours de son histoire.
n théâtre connu et reconnu. Un théâtre qui en a vu et revu.
Un théâtre aimé et qui a aimé.
a Marjolaine, mieux qu'une légende.
Une histoire à suivre.
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Grands partenaires de la saison 2010 de La Marjolaine
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