« La Marjolaine, c'est d'abord et avant tout un lieu historique, plein de fantômes!
La grange date de 1890. Dès 1960, on a commencé à y faire du théâtre. Partout,
il y a des traces de cette riche histoire, que j'essaie de mettre en valeur le mieux possible. »
Marc-André Coallier
 u tout début, en 1890, il y avait une grange, sise au sommet d'une colline, surplombant le lac d'Argent et faisant face au Mont Orford. Un décor exceptionnel! Qui aurait pu croire à l’époque que cette grange abriterait les activités d'un théâtre? Et que tout juste avant, elle changerait une première fois de vocation en devenant Le pré fleuri, une colonie de vacances pour jeunes filles?
'est au mois de février 1960 que Marjolaine Hébert, Louise Rémy, Yvon Dufour et quelques copains comédiens visitent la grange et se mettent à rêver. Le groupe décide de se lancer à l'aventure et de transformer la colonie de vacances à l'abandon en théâtre d'été.
 ès sa première saison, le théâtre de La Marjolaine est un franc succès. La boîte à chansons connaît elle aussi une popularité certaine. Du nom de L'ardoise sur la butte à ses débuts, elle deviendra Feuille de gui et finalement Le Chat Gris. Marjolaine Hébert, l'administratrice des lieux, sera épaulée dès 1962 par un nouvel associé, Louis-Georges Carrier, auteur, réalisateur et metteur en scène. De cette union naîtra une multitude de succès pour le théâtre. En 1964, en collaboration avec Claude Léveillée, la première comédie musicale canadienne d'expression française est créée. Le théâtre musical deviendra dès lors la marque de commerce de La Marjolaine. Réputée pour présenter de jeunes comédiens chanteurs, prometteurs et pleins de talent, La Marjolaine verra défiler sur ses planches plusieurs artistes qui connaîtront par la suite de fructueuses carrières.
 algré tout son succès auprès du public, La Marjolaine éprouve des difficultés à boucler le budget. En 1971, un conseil d'administration est formé pour veiller à la bonne santé financière de l'établissement. La Marjolaine continuera de connaître le succès sur scène au cours de la décennie. Les années 80 se montreront difficiles avec la récession qui sévit mais le théâtre réussira à se tirer d'affaires. C'est d'ailleurs en 1988 qu'est présenté l'un des plus grands succès de l'établissement : la pièce Les nonnes
 u début de 1995, après 35 ans d'existence, Marjolaine Hébert décide finalement de fermer son théâtre et de le mettre en vente. Elle n'a tout simplement plus la force de s'occuper de l'administration et de l'entretien du théâtre et du restaurant. Il n'y aura pas de théâtre cet été-là à la Marjolaine puisque personne ne s’en porte acquéreur. Toutefois, en septembre 1995, le théâtre sera finalement loué aux Productions Jean-Bernard Hébert et se nommera dorénavant le Théâtre d'Eastman. Marjolaine a bien choisi son nouveau locateur. Malgré les multiples offres reçues, elle décidera de le louer à Jean-Bernard puisqu'elle savait qu'il allait être fidèle à l'idée qu'elle se faisait du théâtre. Le "nouveau" théâtre continuera à présenter des pièces à chaque été. En 2001 toutefois, en raison de frais fixes trop élevés, Jean-Bernard doit se contraindre à l'abandonner. Mais les citoyens d'Eastman décident de prendre la relève : quarante-deux d'entre eux fonderont alors la Compagnie du Groupe d'Eastman, afin de poursuivre l'oeuvre de Marjolaine Hébert. Le théâtre reprendra dès lors le nom de Théâtre de la Marjolaine. Ce deuxième sauvetage sera toutefois de courte durée. L'été 2003 verra le théâtre sans activité pour une deuxième fois au cours de son histoire.
n théâtre connu et reconnu. Un théâtre qui en a vu et revu.
Un théâtre aimé et qui a aimé.
a Marjolaine, mieux qu'une légende.
Une histoire à suivre.
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